Solidarité International LGBT est sérieusement préoccupée par les arrestations arbitraires et la violence policière à l’encontre des personnes dites « metis » (personnes nées hommes qui se considèrent femmes et qui seraient appelées transgenres dans d’autres cultures), des hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes et des militants pour les droits sexuels au Kathmandu.Nous vous proposons de participer à une campagne de lettre et d’écrire aux autorités népalaises pour obtenir la fin de ces violations des droits fondamentaux de ces personnes.
Copiez, personnalisez et envoyez la lettre ci-dessous au Ministre de l’Intérieur et au Ministère de la Justice népalais :
The Hon. Kamal Thapa
Minister of Home Affairs
Ministry of Home Affairs,
Singha Durbar, Kathmandu
NEPAL
Ministry of Law, Justice, and Parliamentary Affairs
Singha Durbar
Kathmandu
NEPAL
Monsieur Le Ministre,
En tant que sympathisant de Solidarité International LGBT, je suis très sérieusement préoccupé-e par les arrestations arbitraires et la violence policière à l’encontre des personnes dites « metis », des hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes et des militants pour les droits sexuels au Kathmandu. Je vous demande donc d’intervenir afin que soient menées des enquêtes approfondies sur les abus supposés de la part de la police, que les personnes actuellement détenues soient rapidement relâchées, que les personnes qui seront avérées responsables des abus soient punies, et que la police et les autres instances juridiques soient formées au respect de tous les droits humains y compris les droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres.
Les organisations de défense des droits humains rapportent de nombreux cas de violation des droits fondamentaux de metis et impliquant des policiers
Lors du dernier incident connu, le 3 janvier vers 22h, trois metis, Suntali, Sweta et Kali marchaient dans le quartier Thamel. Il a été rapporté que quatre policiers en uniforme du commissariat de police de Durbar Marg les ont vues et ont crié : « Des metis ! Tuez les ! ». Kali a été frappée sur le dos avec un bâton : un policier a sorti son arme et l’a pointé sur elle en la menacant par « Ces hijras (synonyme de métis) polluent la société et elles doivent être éliminées ». Suntali a été également battue sérieusement. Un car de police du même commissariat a attrapé plus tard Sweta et l’a également battue sévèrement. Comme conséquences de ces violences, il a été rapporté que toutes les trois avaient des contusions sur diverses parties de leurs corps.
Dans un autre incident, le 31 décembre 2005, vers 23h, une meti connue comme Trishala (nom civil Sagar Karki) était dans le quartier de Thamel quand un car de la police du commissariat de police de Shore Khutte l’a interpelée. Un policier l’a frappée avec un bâton de bambou, en l’injuriant. Elle s’est échappée par ses propres moyens ; il a été rapporté que sa main droite était enflée et sérieusement contusionnée.
Dans plusieurs de ces incidents, la police a justifié les arrestations de metis en déclarant qu’elles avaient commis une « offense publique », un concept flou et fourre-tout qui paraît servir à justifier des arrestations basées sur la personnalité ou l’apparence des victimes, plutôt que sur des accusations d’actes criminels précis. Le groupe de travail des Nations Unies sur les détentions arbitraires a affirmé que la détention de personnes selon un procédé discriminatoire seulement sur la base de leur orientation sexuelle, viole les droits humains fondamentaux, même quand les lois selon lesquelles elles sont détenues ne mentionnent pas explicitement leur sexualité ou leur comportement homosexuel ([Groupe de travail des Nations-Unies sur les détentions arbitraires, "Opinion no. 7/2002 [Egypt]", points 7 et 14-15->http://www.hri.ca/fortherecord2003/bilan2003/documentation/commission/e-cn4-2003-8-add1.htm]). Le Traité International sur les Droits Civils et Politiques (ICCPR), auquel a adhéré le Nepal en 1991, interdit les arrestations et détentions arbitraires ainsi que les tortures et autres traitements et punitions cruels, inhumains ou dégradants. Dans l’affaire Toonen contre l’Australie en 1994, le Comité des Droits Humains des Nations Unies a considéré que les protections de l’ICCPR contre les discriminations dans les domaines des droits devaient être interprétées comme incluant les orientations sexuelles comme un statut à protéger des traitements inéquitables.
Je vous demande également de veiller aux droits des défendeurs des droits humains au Nepal et à donner des instructions pour que cessent les violations des libertés fondamentales. Ceci inclut les défenseurs des droits humains qui travaillent dans le domaine des droits sexuels. Les représentants spéciaux du secrétariat générale des Nations Unies pour les défenseurs des droits humains ont appelé à une vigilance spéciale face aux risques que courent les défenseurs des droits de certains groupes « du fait que par leur action ils contestent les structures sociales, les pratiques traditionnelles et les interprétations de préceptes religieux qui ont pu servir pendant de longues périodes à cautionner et justifier la violation des droits de l’homme de membres de ces groupes. Les groupes qui défendent les droits des femmes et ceux qui s’occupent de questions de sexualité, en particulier de l’orientation sexuelle et des droits relatifs à la procréation, sont particulièrement importants » (Rapport de la Représentante spéciale du Secrétariat général pour la question des défenseurs des droits de l’homme, Doc U.N. E/CN.4/2001/94, point 89g).
Merci de votre attention, j’attends avec impatience votre réponse.
Meilleures Salutations